par Patrick Means
SIl y a encore un an, le mois dernier, j'étais sur un site de conférence en Europe centrale, participant à des sessions de formation pour l'organisation chrétienne au sein de laquelle je travaillais.
J'ai été réveillé en pleine nuit par la sonnerie du téléphone posé à côté de mon lit. Même à moitié endormi, j'ai perçu la tension dans la voix de mon supérieur : « Je vous demande de venir immédiatement dans mon bureau. C'est grave. »
Les quatre heures qui suivirent furent le début d’un cauchemar : confrontation suite à la découverte de ma liaison extraconjugale, renvoi immédiat du ministère dans lequel j’avais servi pendant près de vingt ans, et le début d’une période de désert qui comprenait le divorce et la perte de ma famille.
J'ai consulté un psychologue, trouvé un soutien auprès d'autres responsables chrétiens et commencé à travailler sur mon propre rétablissement. Plus que tout, je voulais trouver des réponses à la question « Comment cela a-t-il pu m'arriver ? ». Cela m'a conduit à étudier pendant cinq ans les facteurs qui peuvent conduire à une crise dans la vie d'hommes chrétiens pourtant dévoués.
Un tableau inquiétant ressort des enquêtes confidentielles que je mène dans le cadre de mes séminaires « La virilité sans modèles » pour hommes : les épuisements et les « ruptures » touchent un homme sur deux dans notre société ; plus de 60 % des hommes chrétiens sont impliqués dans une forme ou une autre de péché sexuel secret ou de comportement addictif ; et quarante pour cent reconnaissent avoir eu une liaison extraconjugale depuis qu’ils sont devenus chrétiens.
Mais les hommes chrétiens ne doivent pas devenir des victimes dans les guerres qui menacent leur vie privée. Cette série se penchera sur trois des champs de mines les plus dangereux qui sillonnent notre parcours de vie en tant qu'hommes, et sur les mesures que nous devons prendre pour les traverser.
La force, le succès et le faux soi
Le mouvement féministe a attiré l’attention sur la façon dont la beauté physique est utilisée comme critère injuste pour mesurer la valeur de toutes les femmes. Mais la société juge aussi la valeur d’un homme en fonction de sa réussite extérieure. Si un homme gagne beaucoup d’argent ou occupe un emploi prestigieux, il est beaucoup plus valorisé, honoré et récompensé que celui qui ne gagne pas beaucoup d’argent et occupe un emploi subalterne. Dans notre culture, des mots comme « perdant », « clochard » et « mauvais payeur » sont tous utilisés exclusivement pour les hommes. Tous sont des dénigrements de la valeur d’un homme basés uniquement sur des critères extérieurs ou professionnels. Cette pression exercée sur les hommes pour qu’ils réussissent, pour qu’ils aient toujours l’air forts et compétents, a au moins trois conséquences destructrices.
1. Niveaux de stress mortels
L’obstination, la dépendance à l’adrénaline et l’épuisement professionnel sont de plus en plus le lot des chrétiens d’aujourd’hui, même (ou peut-être surtout) des hommes qui exercent un ministère ou des professions d’aide. Dans When I Relax I Feel Guilty, l’auteur Tim Hansel raconte comment il s’est réveillé un matin, alors qu’il exerçait son ministère au sein de l’équipe de Young Life, et s’est rendu compte qu’il était devenu un « vendeur aigri et motivé de la vie abondante » et que, si quelqu’un jetait un œil par la fenêtre de sa maison et voyait comment il vivait vraiment sa vie, cette personne ne voudrait plus jamais rien avoir à faire avec l’évangile qu’il prêchait ! Cette prise de conscience a été un signal d’alarme pour Hansel, et il a commencé à chercher des moyens de ralentir et de profiter davantage du voyage. Réfléchissez un instant à ces trois questions : Êtes-vous profondément fatigué par votre travail ? Vous sentez-vous de plus en plus insensible envers les autres ? Vos rêves ont-ils disparu ? Si votre réponse à ces trois questions est « oui », vous êtes peut-être déjà en train de sombrer dans l’épuisement professionnel.
Étapes de croissance : Pour la plupart des hommes, faire face à un niveau de stress mortel est avant tout une question de savoir si vous pouvez ou non vivre avec moins : moins d’éloges et de reconnaissance (pour les niveaux bioniques de réussite que vous atteignez), moins d’argent et moins d’heures de travail en échange d’une plus grande paix et de relations plus agréables. Discutez avec votre femme des compromis. Méditez sur Matthieu 11:28-30.
2. Une érosion de notre relation avec Dieu
L’importance accordée à la force et au succès (ou du moins à l’apparence) va à l’encontre d’une vie spirituelle virile. Le roi Ozias était l’un des dirigeants les plus naturellement doués de toute l’histoire. Il devint roi de Juda à l’âge de 16 ans et devint par la suite un grand guerrier, un bâtisseur de villes et un homme d’État. Mais après avoir énuméré une longue litanie des réalisations d’Ozias, l’auteur de 2 Chroniques poursuit en écrivant cette épitaphe effrayante sur sa carrière : « Car [Ozias] a été merveilleusement aidé jusqu’à ce qu’il soit devenu fort. Mais lorsqu’il fut devenu fort, son cœur s’enorgueillit au point qu’il se déchaîna et fut infidèle à l’Éternel son Dieu… »
Il y a un peu plus d’un an, ma femme et moi avons commencé un nouveau ministère de conférences et d’ateliers. Comme pour toute nouvelle entreprise, cette phase de démarrage a été pleine d’adversité et de défis financiers. Je déteste l’adversité et je déteste être faible. Je me sens beaucoup mieux quand je suis fort et que je réussis. Mais je dois admettre (à contrecœur) que j’ai aussi dû dépendre de Dieu comme jamais auparavant, un jour à la fois, et que j’ai grandi grâce à cette expérience. Je ne suggère pas que nous exaltions la lutte professionnelle (ou toute autre sorte de difficulté) au niveau d’une vertu. Mais l’autosatisfaction qui accompagne souvent la force et le succès dans notre société peut conduire directement au genre de mort spirituelle qu’Ozias a finalement connu.
Étapes de croissance :
Méditez sur 2 Corinthiens 12-7. Comment le fait d’être « faible » s’accorde-t-il avec votre propre vision de ce que devrait être un homme ? Quelles qualités masculines sont requises pour vivre les attitudes exprimées par Paul au verset 10 ?
Voir: Deuxième partie de « Les problèmes des hommes : comment traverser les champs de mines »
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