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Le défi des amendements du clergé

par Dale Wolery

Il est difficile pour les membres du clergé d'être simplement des êtres humains ordinaires. Dans nos églises, on a tendance à idéaliser les pasteurs.

On les qualifie d'oints, de doués et d'exceptionnels. Leur ministère les place au cœur de chaque communauté paroissiale, où ils sont présents lors des naissances, des baptêmes, des mariages et des funérailles. Ils sont aux premières loges pour partager les peines secrètes et les grandes joies des fidèles. Les pasteurs prêchent régulièrement au nom de Dieu pour guider les âmes imparfaites.

Le danger, bien sûr, réside dans la perception que le clergé est en quelque sorte « au-dessus », « meilleur que » ou « moins tenté » que les humains. En regardant le pasteur sur un piédestal, les fidèles voient trop souvent des super-héros qui ne pèchent pas, n’échouent pas et ne ressentent pas la douleur comme les gens ordinaires.

Ces attentes accrues concernant le comportement du clergé peuvent avoir des conséquences très importantes pour le clergé en voie de guérison. Aucune « chute » n’est aussi susceptible de susciter des rumeurs ou d’attiser les ragots qu’un échec du clergé. Mais les membres du clergé échouent. Et, comme tout le monde, ils doivent faire l’inventaire de leurs erreurs et réparer leurs torts.

Faire amende honorable est une étape normale de tout cheminement vers la guérison. C’est une discipline spirituelle qui nous oblige à faire face à la vérité humiliante selon laquelle notre échec personnel a blessé les autres. Lorsqu’un membre du clergé fait amende honorable, c’est toute l’Église qui peut en tirer des bénéfices.

Pour faire amende honorable, il faut examiner suffisamment longtemps et avec suffisamment d’attention ses propres échecs, ses addictions, ses abus, son comportement et ses péchés afin de déterminer les réparations appropriées à apporter. Pour faire amende honorable, il faut dire toute la vérité à un autre être humain sur la nature de nos torts. Ce processus est un puissant antidote contre la pensée de piédestal qui peut être une toxine si puissante dans la vie du pasteur en voie de guérison.

La réparation naît de la reconnaissance de ses torts. Elle prend racine dans un cœur qui cherche à ressentir l’impact que ces torts ont eu sur les autres. Les sentiments qui en résultent sont souvent appelés culpabilité, une sorte d’émotion humaine grossière. Elle est réservée aux personnes qui ont blessé les autres par leur échec. Ce n’est pas l’émotion des super-héros ou des icônes idéalisées. Elle s’adresse aux vraies personnes. Lorsque les membres du clergé assument leur culpabilité et agissent en conséquence en faisant les réparations appropriées, l’impact humiliant et humanisant peut être important.

La grâce ne peut être pleinement ressentie que lorsque nous ressentons la douleur que nos erreurs ont causée aux autres. En faisant amende honorable, un pasteur en convalescence peut ressentir la culpabilité et expérimenter la grâce sur laquelle il a prêché.

Bien sûr, lorsqu’un pasteur est guidé par un parrain vers des réparations appropriées, il ne va pas diffuser publiquement la bonté de ces réparations. Cela pourrait facilement alimenter le paradigme destructeur du piédestal contre lequel nous luttons. Mais l’expérience de reconnaître pleinement son échec et de faire des réparations créatives avec soin et humilité a un impact puissant. Les pasteurs qui font des réparations ressentent leur humanité, apprennent à connaître l’humilité de nouvelles façons et rejoignent la congrégation dans les luttes de la vie réelle. Faire des réparations exige que nous descendions de notre piédestal, que nous ressentions la culpabilité qui a résulté de notre comportement et que nous acceptions la posture du pénitent. Bien que douloureux, c’est un processus qui est profondément bon pour nous. Et il sera ressenti par tous ceux qui entreront en contact avec nous. Faire des réparations fait une différence.